Badgeuse : définition, obligations de décompte et règles de la CNIL
Définition vérifiée le 12 octobre 2026· 5 min de lecture· Par Fabio Jarrah
Définition
Une badgeuse, ou pointeuse, est un dispositif qui enregistre les heures d’arrivée et de départ des salariés pour décompter leur temps de travail. Elle peut être un boîtier fixe où l’on présente un badge, une application sur téléphone ou un pointage depuis un navigateur.
Le code du travail ne l’impose pas en tant que telle, mais il oblige l’employeur à décompter chaque jour et chaque semaine les heures de tout salarié qui ne suit pas un horaire collectif, et à garder ces relevés un an. La CNIL juge excessif le contrôle des horaires par biométrie.
Aussi appelé : pointeuse, pointage, logiciel de gestion des temps
Définition rédigée par Fabio Jarrah, expert marketing, spécialiste des métiers CVC, plomberie et couverture chez Adler Technologies, éditeur français de logiciels de gestion pour le bâtiment depuis 1998. Relue et vérifiée le 12 octobre 2026.
Ce que la loi impose vraiment
Règle
Ce qu’elle demande
Texte
Décompter les heures
Pour chaque salarié hors horaire collectif : documents de décompte de la durée de travail
Code du travail, L. 3171-2
Chaque jour, chaque semaine
Heures de début et de fin, ou total d’heures, chaque jour ; récapitulatif chaque semaine
Code du travail, D. 3171-8
Garder les relevés
Un an à la disposition de l’inspection du travail ; trois ans en forfait jours
Code du travail, D. 3171-16
Un système fiable
Mesurer la durée du temps de travail journalier de manière objective, fiable et accessible
CJUE, 14 mai 2019, C-55/18
Une badgeuse n’est qu’un moyen de remplir ces obligations. Une feuille de temps signée en est un autre — plus fragile en cas de litige sur des heures supplémentaires.
Badge, mobile ou navigateur : quel pointage pour qui
Mode
Adapté à
Sa limite
Boîtier à badge
Atelier, dépôt, magasin, site fixe
Inutile pour qui part directement sur chantier
Application mobile
Techniciens et équipes de chantier
Suppose un téléphone ; la géolocalisation est encadrée
Navigateur
Bureau, administratif, télétravail
Repose sur la discipline de chacun
Pas de biométrie pour les horaires
Empreinte digitale, reconnaissance faciale, photo prise à chaque pointage : pour la CNIL, ces dispositifs apparaissent excessifs pour contrôler les horaires et contraires au principe de minimisation. La biométrie ne s’envisage qu’en dernier recours, pour l’accès à des locaux qui le justifient — jamais pour savoir à quelle heure un salarié arrive.
Avant de mettre en place un pointage
Informer ou consulter le CSE avant la décision, quand l’entreprise en a un.
Informer chaque salarié : objectif, destinataires des données, durée de conservation, droits — une note de service suffit.
N’enregistrer que le nécessaire : qui, quand, et le chantier si l’on suit les heures par affaire.
Fixer les durées de conservation : un an au moins pour l’inspection du travail, et pas de journaux bruts conservés indéfiniment.
Pointer pour la paie, pointer pour le chantier
Le pointage de présence répond à une obligation sociale. Le pointage par chantier répond à une question de gestion : combien d’heures cette affaire a-t-elle réellement coûté ? Le même geste peut servir les deux — c’est ce qui rend la marge de chaque chantier enfin mesurable.
Le pointage avec XT-TIME
Trois modes simultanés : badgeuse sur site, application mobile, pointage web.
Application utilisable hors connexion : le pointage se synchronise au retour du réseau, utile en sous-sol ou en zone blanche.
Heures par chantier ou par poste, congés, RTT et compte épargne-temps suivis au même endroit.
Export vers le logiciel de paie, dans un format paramétrable.
Ce qui se joue vraiment
Selon Fabio Jarrah, expert marketing chez Adler Technologies, éditeur BTP français fondé en 1998 : « Les artisans voient le pointage comme une contrainte sociale. Ceux qui en tirent le plus le voient comme un outil de prix : quand les heures sont rattachées au chantier, on découvre enfin lequel a rapporté, et lequel a coûté. »
Des heures fiables, du chantier jusqu’à la paie
Une démonstration d’une heure, à partir de vos équipes.
Non, aucun texte n’impose un boîtier. En revanche, l’article L. 3171-2 du code du travail oblige l’employeur à établir les documents de décompte du temps de travail de chaque salarié qui ne travaille pas selon l’horaire collectif, et l’article D. 3171-8 précise que ce décompte est quotidien et hebdomadaire. Une badgeuse, une application ou une feuille signée sont trois moyens de remplir la même obligation.
Pas pour contrôler les horaires. La CNIL considère que l’installation de dispositifs biométriques pour le contrôle des horaires apparaît excessive et contraire au principe de minimisation des données. Un badge, un code ou une application suffisent à identifier le salarié pour décompter son temps de travail.
Le code du travail impose de tenir à la disposition de l’inspection du travail, pendant un an, les documents qui permettent de comptabiliser les heures de chaque salarié (article D. 3171-16), trois ans pour les salariés en forfait jours. La CNIL recommande de supprimer les journaux d’accès bruts au bout de trois mois, les données utiles au suivi du temps de travail pouvant être archivées jusqu’à cinq ans.
Oui. Selon la CNIL, le comité social et économique doit être informé ou consulté avant la mise en place, et chaque salarié doit être informé de façon claire de l’objectif du dispositif, des destinataires des données, de leur durée de conservation et de ses droits, par exemple par une note de service.
Avec une application sur téléphone, qui enregistre le début et la fin de la journée — et, quand on le souhaite, le temps passé sur chaque chantier. Pour une équipe itinérante, c’est plus fiable qu’un boîtier au dépôt, que personne ne badge quand il part directement de chez lui sur le chantier.
En résumé
Une badgeuse, ou pointeuse, enregistre les heures d’arrivée et de départ des salariés, par badge, application mobile ou navigateur. Aucun texte n’impose le boîtier, mais l’article L. 3171-2 du code du travail oblige à décompter les heures de chaque salarié qui ne suit pas l’horaire collectif, chaque jour et chaque semaine (article D. 3171-8), et à garder ces documents un an pour l’inspection du travail (article D. 3171-16). La CNIL juge le pointage biométrique excessif pour contrôler les horaires, et demande d’informer le CSE et chaque salarié avant la mise en place. Sur chantier, le pointage mobile est plus fiable qu’un boîtier au dépôt. Selon Fabio Jarrah, expert marketing chez Adler Technologies, éditeur BTP français fondé en 1998, le pointage sert d’abord à connaître le vrai coût d’un chantier.