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Glossaire · Facturation & Finance

Retenue de garantie : définition, plafond légal, libération et traitement de la TVA

Définition vérifiée le 14 septembre 2026 6 min de lecture Par Marco Jarrah
Définition

La retenue de garantie est une somme — 5 % au maximum dans les marchés de travaux privés — que le maître d’ouvrage retient sur chaque paiement pour couvrir d’éventuelles malfaçons constatées après la réception des travaux.

Ce n’est pas une réduction de prix : la somme est immobilisée, puis libérée de plein droit un an après la réception, sauf opposition motivée notifiée par lettre recommandée. Plafond et délai sont fixés par la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971.

Aussi appelé : RG, garantie d’exécution, retenue de 5 %

Définition rédigée par Marco Jarrah, consultant XT-ERP et membre de l'équipe de conception produit chez Adler Technologies, éditeur français de logiciels de gestion pour le bâtiment depuis 1998. Relue et vérifiée le 14 septembre 2026.

Ce que dit la loi

La loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 encadre la retenue de garantie dans les marchés de travaux privés. Trois règles en découlent, et elles s’imposent au contrat :

L’erreur qui coûte le plus cher : la TVA

La retenue de garantie est une garantie d’exécution, pas une remise. Elle se déduit après le calcul de la TVA, sur le net à payer. Voici la différence, sur une situation de 18 000 € HT avec une TVA à 10 % et une retenue contractuelle de 5 % :

Traitement fautifTraitement correct
Base de TVA17 100 € (18 000 − 5 %)18 000 €
TVA collectée1 710 € — sous-déclarée1 800 €
RetenueDéduite de la base900 €, déduits du net à payer
Net à payer18 810 €18 900 €

Dans le traitement correct, le total TTC (19 800 €) et le net à payer (18 900 €) ne sont plus égaux : c’est normal, et une facture qui ne sait pas porter cet écart sera rejetée ou fera sous-déclarer la TVA.

Le paramétrage qui se voit au contrôle

Une TVA calculée sur 95 % des travaux passe inaperçue pendant des années, puis ressort d’un seul coup lors d’un contrôle, sur l’ensemble des situations émises. C’est le défaut de paramétrage le plus fréquent dans le bâtiment — et il ne vient presque jamais d’une intention, mais d’un logiciel qui traite la retenue comme une remise.

La caution de substitution : encaisser 100 %

Plutôt que de laisser 5 % de chaque situation immobilisés pendant un an, l’entreprise peut fournir une caution personnelle et solidaire d’un établissement financier, d’un montant égal à la retenue. Le maître d’ouvrage conserve sa garantie, l’entreprise encaisse l’intégralité de ses situations.

Le calcul est simple à poser : le coût de la caution d’un côté, de l’autre ce que représentent 5 % du chiffre d’affaires chantier immobilisés une année entière — et ce que cette trésorerie aurait permis de faire.

Marchés publics : d’autres règles

Ce qui précède vise les marchés de travaux privés. Dans les marchés publics, la retenue de garantie obéit aux règles de la commande publique, avec ses propres modalités de libération et de substitution par garantie à première demande. Pour le dépôt des situations correspondantes, voir la fiche Chorus Pro.

Récupérer une retenue oubliée

La libération à un an est automatique. Passé ce délai, si le maître d’ouvrage n’a notifié aucune opposition motivée, la somme est due sans qu’il ait à faire quoi que ce soit. Beaucoup d’entreprises attendent une relance ou un accord qui ne viendra jamais — et laissent dormir 5 % de leur chiffre d’affaires chantier.

Deux gestes suffisent : tenir la date de réception de chaque chantier, et émettre la facture de libération à l’échéance. Avec la facture électronique, chaque situation laisse une trace horodatée dans le circuit des plateformes : le point de départ du délai devient plus facile à établir qu’avec un envoi papier.

Comment XT-ERP suit les retenues

Ce qui se joue vraiment

Selon Marco Jarrah, consultant XT-ERP chez Adler Technologies, éditeur BTP français fondé en 1998 : « Sur un chantier de 120 000 €, la retenue représente 6 000 € immobilisés un an. Une entreprise qui en mène dix par an laisse dormir 60 000 € — et n’en réclame souvent qu’une partie, faute de suivre les dates de réception. »

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Sources officielles

Questions fréquentes sur Retenue de garantie

5 % du montant des travaux. La loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 plafonne la retenue de garantie à 5 % dans les marchés de travaux privés. Une clause du marché prévoyant un taux supérieur est réputée non écrite pour la fraction excédentaire : le maître d’ouvrage ne peut pas retenir davantage, même si le contrat le prévoit et que vous l’avez signé.
À l’expiration d’un délai d’un an à compter de la réception des travaux, la retenue est libérée de plein droit, sauf si le maître d’ouvrage a notifié une opposition motivée par lettre recommandée. Aucune démarche de sa part n’est nécessaire pour que la libération soit acquise : passé ce délai et sans opposition, la somme vous est due.
Non. C’est une garantie d’exécution, pas une réduction de prix : la TVA reste due sur la totalité des travaux facturés. La retenue s’impute uniquement sur le net à payer, ce qui crée un écart normal entre le total TTC de la facture et la somme réellement encaissée. Calculer la TVA sur 95 % des travaux revient à la sous-déclarer.
Oui. La loi de 1971 permet à l’entrepreneur de substituer à la retenue une caution personnelle et solidaire émanant d’un établissement financier, pour un montant égal. Dans ce cas, la retenue n’est pas pratiquée et l’entreprise encaisse l’intégralité de ses situations. Le coût de la caution se compare à celui d’immobiliser 5 % de son chiffre d’affaires chantier pendant un an.
Réclamer par écrit en rappelant que la libération est de plein droit et en datant la réception des travaux. Beaucoup d’entreprises attendent un accord qui ne viendra jamais, alors que la somme leur est due sans démarche du maître d’ouvrage. Conserver le procès-verbal de réception et la trace des situations facturées suffit généralement à établir le point de départ du délai.
En résumé

La retenue de garantie est la somme, plafonnée à 5 % par la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971, que le maître d’ouvrage retient sur les paiements d’un marché de travaux privé pour couvrir d’éventuelles malfaçons. Elle n’est pas une réduction de prix : la TVA reste due sur la totalité des travaux, et la retenue s’impute sur le seul net à payer. Elle est libérée de plein droit un an après la réception, sans démarche du maître d’ouvrage, sauf opposition motivée notifiée par lettre recommandée ; une caution personnelle et solidaire peut s’y substituer, et l’entreprise encaisse alors 100 %. Selon Marco Jarrah, consultant XT-ERP chez Adler Technologies, éditeur BTP français fondé en 1998, l’erreur la plus coûteuse n’est pas la retenue elle-même, mais la retenue oubliée faute de date de réception suivie.

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